Avant de parler du match de la semaine contre Dortmund, et de se projeter vers le week-end et la rencontre contre Brest, attardons-nous 2 minutes sur la grande question qui agite le microcosme du football sur les réseaux sociaux : Mathieu est-il superfly ?
Pour aider nos lecteurs dans leur opinion, tendons l’oreille du côté du vieux port
« Mathieu, il a la dalle du foot« . En une phrase, tout est résumé. Mathieu, il est petit, il a une coupe qui le fait ressembler à un caribou, il passe son temps à crier au loup, il a un regard de gobi, et pourtant, grâce à son sens inné du désespoir, c’est ce qu’on a de mieux à Marseille. Car il faut tout de même prendre conscience d’une chose : avoir Valbuena dans l’effectif de l’OM, dans les années 90, au milieu des Papin, Waddle, Mozer, Stojkovic, Francescoli et autre Sauzée, c’est un peu comme si on disait que Charles Kaboré est une star du milieu de terrain du FC Barcelone actuel.
Mais Mathieu a la dalle, et par les temps qui courent, il faut s’en contenter. On l’a vu contre Dortmund, où grâce à des crocs mieux affutés qu’à l’accoutumée, une bonne moitié des joueurs a su hisser son niveau de jeu. Pas encore la panacée, mais contre un très faible Dortmund, lui aussi à la dérive en championnat, cela a suffit. Il est d’ailleurs amusant de constater que ce groupe de Champion’s League, est le groupe des équipes qui ont plutôt brillé l’année dernière, et qui effectuent un début de saison misérable.
La distribution des prix pour ce match de mercredi :
Mandanda : le prix de la graine magique. On l’avait senti contre Valenciennes, c’est maintenant confirmé, Steve est revenu à son meilleur niveau. Ce qui est étonnant, c’est que son talent est revenu de manière soudaine. Quasi transparent tout le début de saison, il est redevenu super Steve sur un match, Valenciennes, et a confirmé que ce n’était pas une passade contre Dortmund. Dans Astérix et Cléopatre, Djamel faisait pousser des palmiers en une seconde avec des graines magiques; il semblerait que Deschamps ait le numéro du druide dans son téléphone portable, et en a filé quelques unes en suppo à l’ami Steve.
Morel et Azpi : le prix de l’arachnophobie. Vous voyez comment ça fait quand vous mettez une fausse araignée dans la main d’une personne qui les a en sainte horreur ? La personne balance l’araignée n’importe où, recule, agite ses mains et crie de torpeur. Et bien quand Azpi ou Morel se font presser par les attaquants adverses, et reçoivent le ballon, il se passe la même chose qu’avec l’araignée. La différence, c’est que le ballon, il est réel, et qu’à chaque fois, il est rendu à l’adversaire.
Diawara/N’Koulou : le prix de la ligne Canada Dry. La paire défensive phocéenne a l’air solide, elle a le goût du solide, elle sent le solide, les gants sont solides, mais en fait, ça peut s’effriter à n’importe quelle moment. En première mi-temps, c’était fort, mais les attaquants en jaune étaient bien mous. En seconde période, sans un grand Steve, on en prenait 3. On ne parle pas non plus de la relance, inexistante. C’est d’ailleurs incroyable de voir comment on se fait presser par les équipes adverses, à juste titre puisqu’on perd le ballon quasiment à chaque coup. Et comment à l’inverse, les défenseurs de nos opposants ont toujours deux heures et quart de tranquillité pour s’avancer dans notre camp, commander des capsules Nexpresso, étudier la disposition de notre équipe, et posément délivrer une passe pour lancer l’offensive.
Diarra : le prix du sphinx. Enfin, on a retrouvé Alou. Attention, on ne parle pas d’une machine à manger le milieu de terrain. Cet Alou là, il n’existe pas, et n’a jamais existé à part dans la tête de quelques journalistes de l’Equipe sous hallucinogènes suce-roue de Lyon et Bordeaux. On parle plus humblement du Alou qui tient le rôle de sentinelle devant la défense et est capable de mettre un peu d’impact physique sur les ballons aériens ou sur les percées en plein centre. C’est déjà une plus-value appréciable par rapport à ce qu’on avait l’année dernière ou par rapport à ce qu’un Kaboré peut nous apporter. Alou, tiens bon la barre.
Lucho : le prix de la tchoutchouka. Il nous saoule Lucho à force de faire des matchs en dedans, où il se traine sur le terrain, court à deux à l’heure, se fait manger dans tous les duels, même par les poids plumes, fait des passes mal ajustées, et au final, ne sert à rien. Le problème, c’est que c’est censé être le leader technique et sportif. Comment voulez-vous que le reste des troupes haussent leur niveau et leur motivation quand le boss a le punch d’une courgette farcie ?
Quand on sait que les dirigeants marseillais l’ont gardé pour une histoire de valeurs d’amortissements et de calculs comptables, on comprend que dans la vie, il ne faut pas toujours écouter les financiers pour prendre des décisions.
Kaboré : le prix du laser. Kaboré, il a une précision égale à deux quant il s’agit de viser un partenaire avec son pied. Si vous mettez Kaboré dans un utérus et que vous lui demandez de viser la sortie, il est capable de faire exploser la vessie. Faites un schéma vous verrez, c’est pas donné à tout le monde.
Ayew, Valbuena et Rémy : le prix des 3 moustiquaires. Ils sont frêles, ils sont maladroits, mais ils ont de la réussite et sont en train à eux trois de sauver les bijoux du royaume phocéen. On prend.
Dortmund, c’est fait. Maintenant se dresse devant nous le tonnerre de Brest. Par les temps qui courent, c’est inquiétant. Pas tant que la formation du pays mi-français, mi-pluvieux soit un écurie redoutable. Mais elle possède tout ce qui pose problème à Marseille en ce moment : un fond de jeu et des équipiers solidaires, bien coachés. C’est certainement pas le temps de se remettre à rêver d’une qualité de jeu et de la manière. Si on doit gagner dimanche, on gagnera avec les mêmes ingrédients que mercredi : solide en défense, opportuniste en attaque, avec l’espoir que la chance sera toujours présente aux alentours du stade vélodrôme.
Pronostic : OM 2 – Brest 1 (buteurs Ayew, Valbuena)







Source : Ligue de Football Professionnel – Notez au passage le talent de Grégory pour simuler un montage photo. Et en plus, ça le fait marrer.