Double spécial : de Dortmund à Brest

Avant de parler du match de la semaine contre Dortmund, et de se projeter vers le week-end et la rencontre contre Brest, attardons-nous 2 minutes sur la grande question qui agite le microcosme du football sur les réseaux sociaux : Mathieu est-il superfly ?

Pour aider nos lecteurs dans leur opinion, tendons l’oreille du côté du vieux port

« Mathieu, il a la dalle du foot« . En une phrase, tout est résumé. Mathieu, il est petit, il a une coupe qui le fait ressembler à un caribou, il passe son temps à crier au loup, il a un regard de gobi, et pourtant, grâce à son sens inné du désespoir, c’est ce qu’on a de mieux à Marseille. Car il faut tout de même prendre conscience d’une chose : avoir Valbuena dans l’effectif de l’OM, dans les années 90, au milieu des Papin, Waddle, Mozer, Stojkovic, Francescoli et autre Sauzée, c’est un peu comme si on disait que Charles Kaboré est une star du milieu de terrain du FC Barcelone actuel.

Mais Mathieu a la dalle, et par les temps qui courent, il faut s’en contenter. On l’a vu contre Dortmund, où grâce à des crocs mieux affutés qu’à l’accoutumée, une bonne moitié des joueurs a su hisser son niveau de jeu. Pas encore la panacée, mais contre un très faible Dortmund, lui aussi à la dérive en championnat, cela a suffit. Il est d’ailleurs amusant de constater que ce groupe de Champion’s League, est le groupe des équipes qui ont plutôt brillé l’année dernière, et qui effectuent un début de saison misérable.

La distribution des prix pour ce match de mercredi :

Mandanda : le prix de la graine magique. On l’avait senti contre Valenciennes, c’est maintenant confirmé, Steve est revenu à son meilleur niveau. Ce qui est étonnant, c’est que son talent est revenu de manière soudaine. Quasi transparent tout le début de saison, il est redevenu super Steve sur un match, Valenciennes, et a confirmé que ce n’était pas une passade contre Dortmund. Dans Astérix et Cléopatre, Djamel faisait pousser des palmiers en une seconde avec des graines magiques; il semblerait que Deschamps ait le numéro du druide dans son téléphone portable, et en a filé quelques unes en suppo à l’ami Steve.

Morel et Azpi : le prix de l’arachnophobie. Vous voyez comment ça fait quand vous mettez une fausse araignée dans la main d’une personne qui les a en sainte horreur ? La personne balance l’araignée n’importe où, recule, agite ses mains et crie de torpeur. Et bien quand Azpi ou Morel se font presser par les attaquants adverses, et reçoivent le ballon, il se passe la même chose qu’avec l’araignée. La différence, c’est que le ballon, il est réel, et qu’à chaque fois, il est rendu à l’adversaire.

Diawara/N’Koulou : le prix de la ligne Canada Dry. La paire défensive phocéenne a l’air solide, elle a le goût du solide, elle sent le solide, les gants sont solides, mais en fait, ça peut s’effriter à n’importe quelle moment. En première mi-temps, c’était fort, mais les attaquants en jaune étaient bien mous. En seconde période, sans un grand Steve, on en prenait 3. On ne parle pas non plus de la relance, inexistante. C’est d’ailleurs incroyable de voir comment on se fait presser par les équipes adverses, à juste titre puisqu’on perd le ballon quasiment à chaque coup. Et comment à l’inverse, les défenseurs de nos opposants ont toujours deux heures et quart de tranquillité pour s’avancer dans notre camp, commander des capsules Nexpresso, étudier la disposition de notre équipe, et posément délivrer une passe pour lancer l’offensive.

Diarra : le prix du sphinx. Enfin, on a retrouvé Alou. Attention, on ne parle pas d’une machine à manger le milieu de terrain. Cet Alou là, il n’existe pas, et n’a jamais existé à part dans la tête de quelques journalistes de l’Equipe sous hallucinogènes suce-roue de Lyon et Bordeaux. On parle plus humblement du Alou qui tient le rôle de sentinelle devant la défense et est capable de mettre un peu d’impact physique sur les ballons aériens ou sur les percées en plein centre. C’est déjà une plus-value appréciable par rapport à ce qu’on avait l’année dernière ou par rapport à ce qu’un Kaboré peut nous apporter. Alou, tiens bon la barre.

Lucho : le prix de la tchoutchouka. Il nous saoule Lucho à force de faire des matchs en dedans, où il se traine sur le terrain, court à deux à l’heure, se fait manger dans tous les duels, même par les poids plumes, fait des passes mal ajustées, et au final, ne sert à rien. Le problème, c’est que c’est censé être le leader technique et sportif. Comment voulez-vous que le reste des troupes haussent leur niveau et leur motivation quand le boss a le punch d’une courgette farcie ?
Quand on sait que les dirigeants marseillais l’ont gardé pour une histoire de valeurs d’amortissements et de calculs comptables, on comprend que dans la vie, il ne faut pas toujours écouter les financiers pour prendre des décisions.

Kaboré : le prix du laser. Kaboré, il a une précision égale à deux quant il s’agit de viser un partenaire avec son pied. Si vous mettez Kaboré dans un utérus et que vous lui demandez de viser la sortie, il est capable de faire exploser la vessie. Faites un schéma vous verrez, c’est pas donné à tout le monde.

Ayew, Valbuena et Rémy : le prix des 3 moustiquaires. Ils sont frêles, ils sont maladroits, mais ils ont de la réussite et sont en train à eux trois de sauver les bijoux du royaume phocéen. On prend.

 

Dortmund, c’est fait. Maintenant se dresse devant nous le tonnerre de Brest. Par les temps qui courent, c’est inquiétant. Pas tant que la formation du pays mi-français, mi-pluvieux soit un écurie redoutable. Mais elle possède tout ce qui pose problème à Marseille en ce moment : un fond de jeu et des équipiers solidaires, bien coachés. C’est certainement pas le temps de se remettre à rêver d’une qualité de jeu et de la manière. Si on doit gagner dimanche, on gagnera avec les mêmes ingrédients que mercredi : solide en défense, opportuniste en attaque, avec l’espoir que la chance sera toujours présente aux alentours du stade vélodrôme.

Pronostic : OM 2 – Brest 1 (buteurs Ayew, Valbuena)

Valenciennes 1 – OM 1 : quand ça veut pas, ça veut pas

Il n’y avait qu’à voir la mine déconfite de Deschamps et de Mandanda à la fin du match pour comprendre ce qu’il s’est passé samedi soir. L’OM a lutté à la va comme je te pousse, s’est agrippé à son petit but d’avance comme on s’accroche à son dernier souffle, tout ça pour finir avec un match nul et la sensation que ce n’est décidément pas une saison qui veut sourire.

Soyons lucide : le nul, sur l’ensemble de la rencontre, est un bon point. Valenciennes a dominé toute la rencontre et s’est créé la majorité des occasions franches. Si ce ne fut pour un Steve Mandanda de gala, on serait reparti du Nord avec le slip plein à ras bord. D’une certaine manière on doit donc s’estimer heureux de ce match nul. Oui, mais voilà, prendre un but dans la dernière minute du temps réglementaire, qui plus est sur des fautes de concentration et de marquage, c’est rageant; et désespérant. Les joueurs vont sûrement encore ruminer ce score pendant toute la semaine, et se mettre une fois de plus dans une situation mentale inconfortable pour le prochain match.

Concernant les joueurs, pas de distribution de prix, mais deux catégories bien distinctes qui commencent à se dessiner : une poignée de joueurs solides qui recommencent à jouer à leur niveau, tout du moins un niveau pas vraiment inférieur à ce dont on est habitué depuis plusieurs saisons; et un gros paquet d’huitres molles qui sentent la marée noire du golfe du Mexique.

Dans la première catégorie, ceux qui surnagent, on retrouve bien entendu Steve Mandanda, mais aussi Diawara, N’Koulou, tous oscillant entre le très solide et le plutôt résistant; à moindre mesure Lucho, Valbuena, Ayew et Rémy, qui sans faire des merveilles, tiennent plus ou moins leur rang.

Dans la seconde catégorie, la cagette de citrouilles, on retrouve tous les autres, avec en tête d’affiche Fanni, qui a du vendre son cerveau à la Grèce cet été tellement il enchaine cagade sur cagade; Amalfitano et Morel, dont on commence à soupçonner qu’ils ont été vendus par Lorient sur le modèle d’un schéma de Ponzi, une arnaque à la Madoff; Diarra, dont on se demande s’il ne rime pas en fait avec marée.

Le vrai problème avec tout ça, c’est que l’ami Didier n’a aucune solution de remplacement sous la main. Gignac est toujours blessé, M’Bia aussi, et le banc est absolument vide de tout jeune capable de bousculer la hiérarchie. Quand on voit que Lyon avait envoyé une dizaine de joueurs en équipe de France des moins de 20 ans cet été, c’est à se demander ce que fabriquent les responsables de la formation à Marseille.

Prochain rendez-vous mercredi pour le retour de la ligue des Champions et la réception du Borussia Dortmund.

Courrier des lecteurs #1

Crédits : C’est pas sorcier / La Poste / 15 Serge Blanco / Pataugas

On y est, c’est le grand jour, le premier courrier des lecteurs est enfin dans les bacs. Fort de ses 147 visites, 79 visiteurs absolus et 76% de taux de rebond, Oh Mazette est enfin en mesure de vous livrer les premières réponses aux questions des aficionados de ces chroniques ciel et blanches, et du sport en général.

On ne va pas raconter des carabistouilles (encore une fois), il n’y a pas eu pléthore de courriers. On en a reçu 3 pour tout dire; 3 ce n’est pas beaucoup. Mais 3, ce n’est pas rien. C’est même mieux que rien, puisque c’est 3 de mieux que rien. On rappelle que ces courriers sont authentiques. Enfin presque.

Sans plus attendre, on y va.

Q : Comment dit-on Mazette en belge ?
Mark T. – Kingston – New Jersey – USA

Mark, si Raymond Goethals était encore parmi nous, il pourrait te répondre qu’on ne sait pas mais qu’on s’en fout, tant que le boss est content, c’est tout ce qui compte. Mais c’est l’occasion de saluer nos amis d’outre atlantique, et également l’occasion de mentionner ce superbe documentaire diffusé sur France 3, à une heure de grande écoute pour la chaine, un dimanche à 23h23 cet été, « C’est l’histoire d’un but ». C’est l’histoire d’un but, et c’est l’histoire d’un Boli, Basile, qui parcourt l’Europe à la recherche des acteurs de la fameuse épopée des années 90 de l’Olympique de Marseille. Di Meco, Papin, Deschamps, Chris Waddle retracent l’époque bénie où Droit au But était une devise appliquée tous les samedis, et le maillot ciel et blanc un treillis qui faisait frémir aux quatre coins d’Europe. Mais au delà des bonnes anecdotes sur Goethals, et  passée la surprise de voir Chris Waddle avec 30 kilos de plus au compteur, on a pu retenir l’interview du boss, Bernard Tapie.

On aime ou n’aime pas l’homme, le personnage et ses méthodes; mais on ne pourra jamais lui enlever un talent : celui d’avoir compris comment on met dans les meilleures conditions mentales un sportif en général, et un joueur de foot en particulier. Ce talent, ce n’était pas un don inné, car le boss a mangé des platanes avant de parvenir au graal. Bernard raconte ainsi à Basile qu’en vue de la finale de Munich, il changea complètement sa ligne de conduite par rapport à Bari, 2 ans plus tôt. Aux oubliettes le bunker dans lequel il avait enfermé l’équipe en 1991, dissipés le stress et la concentration à outrance, Bernard avait compris qu’un sportif qui gagne, c’est un sportif en confiance, déterminé et relâché. Alors Bernard envoya la cavalerie de la gaudriole : welcome Chris Waddle en guest star saltimbanque, Bernard himself en survêtement Sergio Tacchini fluo violet pour faire des blagues avec le ballon, des journalistes invités à se mêler aux joueurs et constater la bonne humeur ambiante. Résultat, des joueurs gonflés à bloc, une grinta implacable et un match dont on se souvient qu’il se remporta en grande partie dans le couloir menant au terrain, où les joueurs marseillais, défiant du regard leurs homologues rossoneri, gagnèrent quasiment le match avant de l’avoir joué.

Quel rapport avec notre lecteur du New Jersey ? Aucun. Mais un rapport soutenu avec notre Olympique de Marseille version 2011/2012. Cette équipe là souffre d’un cruel déficit de confiance. On l’a dit, on le redira, cet effectif a beau avoir des défauts, il ne vaut pas les bas fonds du classement. Mais en sport plus qu’ailleurs, quand le mental déraille, c’est tout l’attirail qui fout le camp. Nous, si on avait un conseil à donner à Vincent Labrune, ça serait d’appeler en renfort Bernard Tapie en coach mental pour rebooster l’âme de l’équipe. Juste le temps de deux ou trois mois. Au pire de se contenter de faire venir Chris Waddle. Et si ça ne marche pas, on pourra au moins transposer la légende, et raconter à nos petits enfants qu’un joueur anglais, ex idole de toute une ville, a bouché le port lorsqu’il se vit un quintal en y revenant.

 

Q : On l’a bien compris, la saison est foutue et on va devoir se contenter, comme tout au long des années 2000, de la double confrontation contre Paris, de quelques matchs de coupe d’Europe, ou, avec un peu de chance, d’un huitième de finale de Champion’s League, pour vibrer cette année. Mais sur une échelle graduée de foutu, quelles sont les perspectives réelles de l’OM par rapport à cette saison ? La lutte pour la relégation ? Le ventre mou du classement ? La lutte pour l’intertoto ? Ou bien peut-on rêver et espérer malgré tout un OM qui se mêlerait à la lutte pour les accessits, y compris les places pour la ligue des champions ?
Adil R. – Castres

Il y a deux approches pour répondre à cette question.

La première, l’approche mathématiques. Les journalistes et les émissions spécialisées nous ont abreuvés de chiffres et d’historiques depuis 2 semaines sur les chances de l’OM de faire une performance après un départ aussi catastrophique. On ne va pas resservir ici la logorrhée statistique, qui fait dire tout et n’importe quoi aux saisons passées. La synthèse est simple : le titre est probablement impossible, la 2e ou la 3e place sont possibles mais peu probables, et le reste, de l’Europe à la relégation sont équiprobables. On s’en référera du coup à Sam Seaborn, qui déclara un jour à Donna : « Aristote disait qu’une probable impossibilité est préférable à une improbable possibilité« . En d’autres termes, Oh Mazette ne prévoit que deux scénarii, pour le bien de l’OM : le calice jusqu’à la lie, à savoir une lutte continue pour la survie en ligue 1 (qui aurait le mérite de nous offrir une joie de type soulagement de type ouf en cas de maintien); ou bien une remontée fantastique pour coiffer Lyon, Lille, le Paris SG, Montpellier ou encore Rennes sur le fil, et remporter un titre qui rentrerait dans les annales comme le plus grand exploit du sport français, juste après l’essai du bout du monde réussi par les Bleus à Auckland en 1994). Avec son départ calamiteux, l’OM est un peu dans la peau de Steve McQueen au début du film la Grande Évasion. A priori, condamné à rester au fond du trou. A priori. On connait la fin du film. Et on sait tous qu’avec l’élan d’une catapulte, Valbuena peut survoler n’importe quels barbelés. Enfin ça dépend du vent. Mais ça peut passer.

La seconde approche, c’est celle du cœur. Si un club peut déjouer les pronostics, les statistiques, les quolibets des journalistes de l’Équipe et les consultants spécialistes de Canal+, si un club peut puiser, au fond de son histoire et ses entrailles, les ressources pour renverser le cours de l’histoire, c’est bien le plus grand club de France.
Pour cela, il faut un cocktail d’éléments indispensables. Un public qui peut transcender son équipe lorsque celle-ci affichera un visage euphorique, ce qui ne manquera pas d’arriver après la première série de victoires (les Yankees, les Dodgers, les Ultras, Jean Bouin et Ganay, Charles Kaboré); des joueurs revanchards qui auront à cœur de défendre leur place en vue de l’Euro (Valbuena, Diarra, Charles Kaboré); des joueurs qui auront peu joué en début de saison et qui seront en pleine bourre physique lorsque les joueurs des autres équipes marqueront le pas au creux de l’hiver (Gignac, M’Bia, N’Koulou, Charles Kaboré); un entraineur qui a le mental de vainqueur le plus hallucinant de l’histoire du sport français depuis la retraite sportive de Stéphane Caristan (Deschamps, le tonton de Charles Kaboré).
Si un club peut faire ce que aucun autre club n’a jamais fait, c’est bien l’OM. Pour preuve, ils l’ont déjà fait.

Cela commence samedi à Valenciennes; ouvrez grands les yeux, nous sommes tous témoins.

 

Q : Ma femme me reproche souvent de ne pas avoir pleuré lors de la naissance de notre fille, Pénélope. Je lui rétorque à chaque fois que je ne pleure jamais, rapport au fait que j’ai un cœur de pierre et que je ne suis pas une lopette. En revanche, je me demande dans quel cas je serai le plus susceptible de pleurer : si l’OM descend en ligue 2 cette année ? Si l’OM prend 5 buts au Vélodrome contre Paris avec un triplé de Néné ? Si la France gagne la coupe du monde de rugby ? Ou bien si Mathieu Valbuena EST pour de bon superfly ?
Nicolas B. – Marseille

Ouais. Voilà les lecteurs d’Oh Mazette.

 

On rappelle l’adresse pour nous écrire : faq@ohmazette.com

Prochain rendez-vous lundi, pour l’analyse du match à Valenciennes.

Les pronostics du week-end :

Valenciennes 1 – OM 2. Buts pour Marseille : Rémy, Valbuena.

Nouvelle Zélande 43 – France 19

Arsenal 4 – Bolton 1

Vainqueur du tournoi de Metz : Tsonga

Résultats des pronostics de la semaine dernière : 4 bons – 1 pas bon.

OM 2 – Le rayon boisson 0 : pour l’éternité

L’Olympique de Marseille a gagné 2-0 contre Evian Thonon Gaillard, et c’est comme si on avait recruté Cesc Fabregas. On est tellement content ce matin, qu’on s’abonnerait presque à L’Équipe. Quel soulagement !! Prendre les 3 points contre un promu, qui plus est de piètre qualité, ce n’est pas un exploit, et il n’y a pas de quoi être fier; mais par les temps qui courent, c’est une immense satisfaction, cela nous extirpe des limbes du classement, et il est possible que cela redonne un poil de confiance à ces joueurs qui en manquent tous cruellement.

Mais quelle fébrilité encore une fois ! Si ce ne fut pour une équipe d’Evian qui semblait paralysée de jouer dans la plus belle enceinte de France, voire d’Europe, voire même de l’Eurafrique, on aurait certainement perdu, tant les joueurs marseillais affichèrent un manque de punch et une pauvreté technique inquiétante. Heureusement, quelques balles bien senties de Valbuena, un des rares à évoluer à son vrai niveau, et une tête plate bien faite de Loic Rémy permirent à Marseille de prendre le contrôle du match et de se rassurer par la même occasion.

Un mot sur l’attitude des supporters : une large banderole accueillit les joueurs.

Retranscription fidèle : « Solidarité, Envie, Révolte, Fierté sont nos valeurs; Égoïsme, Négligeance, Irrespect sont les vôtres ».

Alors on pourra bien entendu se moquer en remarquant que le petit Robert n’a pas sa carte de supporter du virage Sud; mais on remarquera également que pour une fois, le public s’est montré, certes saillant sur cette envolée lyrique, mais calme et tempéré, et a plutôt encouragé les joueurs au lieu des vociférer son mécontentement.

Au final, 3 points, l’addition et on passe à la suite. Prochain rendez-vous contre Valenciennes, terre maudite.

Avant OM-Evian : Paul, une tourtel

Crédits : Astérix / Hachette – « Ainsi passe la gloire du monde ».

L’OM part à vau l’eau, et ça tombe bien, puisque Evian Thonon Gaillard se dresse devant le chemin de l’OM. D’ordinaire, ce match, placé un mercredi soir à 19h, passerait inaperçu; on se contenterait de jeter un œil discret sur notre blackberry tandis qu’on déguste la traditionnelle soupe de petits poix avec les copains chez Léon de Bruxelles. Mais voilà, l’Olympique de Marseille pointe à la première place du fond du classement, et chaque échéance qui se profile fait trembler les supporters, même quand il s’agit de rencontrer le promu de Haute-Savoie.

Alors avant ce match de la frousse, quelle attitude adopter ? Faut-il vilipender les joueurs et leur reprocher les maux actuels ? Faut-il s’en prendre à l’entraineur et au staff technique, incapable de mettre les joueurs en condition physique et psychique pour redresser la barre ? Faut-il s’en prendre au réchauffement climatique, coupable de nous faire croire qu’on peut bronzer en plein mois de décembre alors qu’on se gèle déjà le bout des pieds en plein mois de septembre ?

Pour se faire une idée, tendons une oreille du côté de la Commanderie, le centre d’entraînement de l’OM. Premier de cordée, Steve Mandanda, le gardien phocéen. D’habitude si réservé et policé, Steve a haussé le ton en conférence de presse. Extrait : « Dans la situation dans laquelle on se trouve, je me fous que quelqu’un soit vexé par une parole ». Si même Mandanda se met à dire « je me fous », c’est vraiment que la situation est grave. On sait aussi que les joueurs se sont parlés pendant près de 40 minutes avant la séance d’entrainement ce jour. Que se sont-ils dit ? Mystère et boule de gomme, aucune déclaration officielle n’est venue étayer la teneur de leur discussion. Fort heureusement, Oh Mazette a envoyé un pigeon voyageur doté de la dernière technologie HD Ready, et vous offre en exclusivité les éléments de langage qui ont animé ce moment intime de la vie d’un groupe sportif.

Deschamps : bon, Lehman Brothers, je ne vais pas passer par quatre chemins, on est dans la mouise intégrale, il faut absolument réagir contre ETG

Valbuena : suis-je superfly ?

Deschamps : Mathieu, j’en sais rien si t’es superfly. Ce que je sais, c’est que t’es super petit et que ta coupe, elle fait super quignon de pain, et que nous avec notre classement de cancre, on fait super au fond du caniveau

Diawara : c’est la faute de mes gants coach. Ils ont perdu leur pouvoir magique de superstition.

Deschamps : non, je ne crois pas Souley. J’ai moi-même ressorti la touillette en plastique de l’année du titre, et au final, le seul truc que j’ai chopé, c’est un aphte à chaque poignet

Fanni : ah ben moi aussi j’ai attrapé des aphtes coach.

Deschamps : et ben c’est bien la seule chose que tu aies réussi à rattraper Rod cette saison, parce que Bastos, dimanche dernier, tu l’as bien laissé se balader jusqu’au but

Mandanda : oui, le coach a raison, il faut arrêter de laisser filer les points

Azpi : et si on faisait venir Nadal dans l’équipe ? Je connais son agent, je peux lui demander. Lui, il se bat sur tous les points, il n’en laisse filer aucun.

Deschamps : c’est une bonne idée ça. Il faut apporter du sang neuf à cette équipe; qui connait quelqu’un d’autre qui pourrait venir en renfort ?

Cheyrou : je peux contacter M’Pokora

Kaboré : et moi, j’ai le numéro de Youssou N’Diour sur mon portable

Deschamps : on ne va jamais y arriver comme ça. Allez, il me faut des noms, des champions, des vrais pointures

Valbuena : c’est une mission pour superfly

Deschamps : quelqu’un peut m’éteindre Sport Billy s’il vous plait ?

On le voit, l’ambiance est tendue au sein du groupe marseillais. Sincèrement, on ne voit pas comment l’OM va pouvoir se relever, avec des supporters qui ne manqueront de faire preuve de légèreté et conspueront l’équipe si le match tourne au vinaigre. C’est regrettable, car la seule chose dont l’OM a besoin en ce moment, c’est l’union sacrée. On ne peut pas descendre plus bas, autant tout faire pour prendre appui sur le fond de la piscine, et tenter de remonter petit à petit. La saison est encore longue.

Allez, on y croit, et pour se donner du courage, Paul, une tourtel.

Pronostic : OM 2 – Evian 2. Buts : Ayew, Rémy. Carton rouge : N’Koulou. Loupé du siècle : superfly.

Lyon 2 – OM 0 : que la saison va être longue

Quelle attitude adopter après ce match qui enfonce l’OM au classement et nous fait tirer un trait définitif sur tous les espoirs au championnat ? Menés 2-0 à la mi-temps, les Marseillais ont certes surnagé en seconde mi-temps, mais quand ça ne veut pas marcher, il n’y a rien à faire, à part mettre le casque sur les oreilles, et contempler le fond du sot, aka la 20e et dernière place du classement.

Durant les 45 premières minutes, l’apathie de l’équipe bleu ciel fit presque peine à voir. C’est le rythme pathétique affiché par le onze marseillais qui inquiète au plus haut point. Pas de pressing, trois mètres laissés aux adversaires sur chaque offensive, aucun appel en attaque, des joueurs statiques, et un coaching frileux, comme en témoigne la composition au début du match. Les carences de l’OM sont béantes, et nous laissent craindre le pire pour le reste de la saison.

La seconde période, impulsée par les changements effectués par Deschamps (Diarra, fantomatique, sorti avec à propos; Morel, quelconque), amenèrent du mieux, avec une domination territoriale et quelques actions d’éclats qui, hélas, ne trouvèrent pas le fond des filets d’un Lioris à peine inquiété. Ce révélateur rhodanien indique nettement la tendance de l’hiver pour Marseille : la cave, le bout des chaussettes, le derrière, soit toutes les métaphores qui indiquent une tête à l’envers et une pente insurmontable pour s’en relever. Il ne reste plus qu’à espérer que la météo devienne folle et fasse survenir une canicule sur l’hexagone en plein mois de novembre, ou sinon le grisou va s’abattre sur les chaumières de toutes les supporters marseillais plus tôt que prévu. Nos amis d’Arsenal nous comprendront.

La distribution des prix :

Mandanda : le prix du kaléidoscope. A quoi sert un kaléidoscope ?

Fanni : le prix de l’incrédulité. Quand Fanni pointe la lune, Fanni regarde son doigt.

Diawara : le prix du gant. Les gants de Diawara lui portaient bonheur à Bordeaux et lors de sa première saison à l’OM, quand on a été champions. Puis il les abandonna, et depuis cette année, il les a remis. Par superstition. Et bien Souley, ne change rien, ça marche du tonnerre en ce moment.

Azpileculdenicolleta: le prix de la largesse. Il en prend pour marquer Bastos, on en prend pour épeler son nom.

Traoré : le prix du roseau. Djimi plie, mais ne rompt pas. Si Djimi jouait poteau de corner, ça servirait.

Diarra : le prix Chirac. En 2007, Jacques et Alou rayonnaient. En 2011, Jacques s’en sort mieux que l’autre. C’est dire.

Cheyrou : le prix Bruno. Tant qu’il ne fera pas plus d’efforts pour se révolter sur le terrain, on l’appellera Bruno.

Lucho : le prix du mille bornes. Si Lucho était une carte au mille bornes, il serait la carte 2, comme la vitesse à laquelle il se déplace sur le terrain.

Valbuena : le prix du foutage de gueule. Sur sa page facebook, Mathieu passe pour une superstar. Facebook, rends nous notre argent.

Morel : le prix du mercato. On a recruté le latéral gauche de Lorient pour le faire jouer ailier gauche. On a recruté le latéral gauche de Lorient pour le faire jouer ailier gauche. On a recruté le latéral gauche de Lorient pour le faire jouer ailier gauche. On continue ?

Rémy : le prix du lonesome cowboy. Au moins, Lucky Luke est entouré d’une belle jument. Loic, lui, est entouré de canassons.

Deschamps : le prix de la devinette. Didier, Arsène et DSK sont dans un bateau, le bateau coule, qui saute en premier ? Attention, y a un piège.

Prochain rendez-vous mercredi, pour l’avant-match de Marseille-Evian. On ne va pas vous mentir, ça sent la Badoit.

Avant-match Lyon-OM, le mistral de la révolte

Source : Ligue de Football Professionnel – Notez au passage le talent de Grégory pour simuler un montage photo. Et en plus, ça le fait marrer.

Le week-end est juste là devant nous, et Grégory Coupet est consultant pour la chaine CFoot. Tout le monde s’en fout de cette précision, et pourtant, c’est un tournant complet dans l’histoire de la couverture médiatique du sport. Pour la première fois, en exclusivité sur la chaine de la ligue de football professionnel (qui, au passage, est en train de concurrencer Facebook sur le créneau de la confidentialité, mais en plus discret), un lampadaire IKEA va s’exprimer, sans trucage (la preuve en image ici, notez au passage la ressemblance foudroyante au niveau de la coiffure).

C’est un week-end hors norme qui attend tous les passionnés; de l’OM en particulier, et de sport sofa en général. Mais ne mettons pas la charrue avant Jean-Michel Aulas, et commençons par le point d’orgue : la rencontre entre le petit olympique et le grand Olympique à jamais le premier.

L’analyse d’avant-match

La tension avant ce match est palpable. Les analystes l’ont dit cent cinquante fois depuis dimanche dernier, mais on va le redire parce que c’est important de s’appuyer sur les chiffres pour avoir des certitudes, si l’OM perd ce match, on sera à 11 points de l’équipe de la banlieue de Saint Étienne. Certes il restera 32 journées avant la fin du championnat, soit 96 points en jeu, mais face à une équipe lyonnaise qui a engrangé une moyenne de 1.98 points par match depuis 5 ans, cela signifie qu’il faudrait qu’on aligne une performance de 2.27 points par match jusqu’à la fin du championnat pour les rattraper. A titre de comparaison, notre moyenne sur les 5 dernières années est de 1.84, avec un pic l’année du titre à 2.05; pas besoin de faire un dessin sur le dos d’un paquet de krisprolls pour comprendre que si on perd le match de dimanche, c’est foutu, on peut ranger les écharpes et les slips kangourous, et se contenter d’aller dans les musées jusqu’à la fin de la saison le week-end.

Alors quelles sont les clefs du match ? Dans quelles conditions se présentent les deux équipes après leurs joutes européennes ? Quels sont les atouts côté ciel et blanc ? On pourrait clabauder à tort et à travers pour tenter de vaines explications foireuses, la vérité, c’est qu’on a à peu près aucune idée de comment ce match va tourner. Vu d’ici, il apparait probable qu’on se fasse enfoncer comme à la corrida, avec des spectateurs lyonnais qui ne manqueront pas de souiller l’honneur marseillais si on se prend une valise. Mais il est équiprobable que le vent de la révolte et de la détermination souffle dans les rangs phocéens. Que fort d’un avantage athlétique qui peut prédominer dans ce genre de rencontre, nous fassions aux joueurs de Rémi Garde le coup de la corde à linge, et que nous revenions par la grande porte dans la course au titre.

Espérons au moins que les joueurs marseillais se sentiront concernés, et prendront conscience de l’importance capitale de ce rendez-vous, sans pour autant être paralysés par l’enjeu du match. On sait que le mental des joueurs est crucial dans les rencontres déterminantes, cela sera encore plus le cas dimanche soir, heure à laquelle la pression interne et médiatique sera à son apogée.

Pronostic : Lyon 1-2 OM (Cheyrou, Gignac). Cartons rouges : Diawara, Diarra. Loupé du siècle : Lucho. Héros : Mandanda.

Comme il faut patienter jusqu’à dimanche soir, Oh Mazette vous propose un petit tour d’horizon de l’actualité sportive, afin de cerner les contours des enjeux sportifs de cette fin de semaine (pour ceux qui envisagent de passer leur week-end sur le canapé devant la petite lucarne, ou pour ceux qui ont besoin d’éléments de langage pour la conversation du dimanche matin au café du coin en face du marché).

Basket : demi-finale (et hypothétique finale) de l’Euro.

Ce soir, les Français affrontent la Russie en demi-finale. Tout d’abord, clarifions un point qui agite de nombreux lecteurs d’Oh Mazette et de nombreux buveurs d’anisettes. Si les Bleus gagnent, ils vont en finale, et seront assurés d’aller aux JO de Londres. S’ils perdent, ils finiront 3e ou 4e, et sont sûrs de participer au tournoi de qualification pré-olympique, avec le 5e et le 6e de cet Euro. Tournoi de qualification au cours duquel 3 places pour les JO seront allouées. Passons maintenant au contenu de ces matchs. La finale, ce n’est quasiment pas la peine d’en parler. L’Espagne, à l’heure actuelle, est injouable. Collection de stars à chacun de ses postes, elle pourrait facilement se qualifier pour les playoffs en NBA si elle y jouait (alors que l’équipe de France, en comparaison, y jouerait le rôle de Louhans Cuiseaux dans le championnat de France de foot). Au niveau européen, ils sont invincibles, un peu comme l’équipe soviétique de Hockey sur glace en 1980 aux JO Lake Placid. Mais on connait l’histoire : l’armada CCCP se fit battre par de jeunes américains gonflés à bloc, à l’énergie décuplée par leur entraineur charismatique (pour ceux qui adorent les speechs à l’américaine, c’est ici). Est-ce que Vincent Collet a l’étoffe pour fournir un discours transcendant ? Assurément non. Enfin faut voir. En attendant, il faudra passer l’obstacle russe, justement, et cela ne va pas être une mince affaire. Bien organisés autour de leur star Kirilenko, AK47 pour les intimes, ils possèdent toute la panoplie pour contrer les frenchies : athlétiques dans la raquette, vifs, et des shooteurs à sang froid. Tipi (surnom qui fait plus penser à un petit personnage de bande dessinée qu’à un meilleur joueur français de l’histoire pour un sport donné) et ses sbires devront faire preuve de tout leur talent et être remontés à bloc pour sortir vainqueur.

Pronostic : France-Russie : 72-71 ; France-Espagne : 76-88

Tennis : coupe Davis – France/Espagne

Celle là, on va vous la faire courte, les Français vont se faire exploser. Même si Nadal est revenu carbonisé de son US Open, il va atomiser Gasquet dont le mental d’acier fond à partir de 12 degrés. Comme les matchs se dérouleront dans des arènes, Gasquet va s’effondrer, et cela sera le début de la corrida, avec les Espagnols dans le rôle des matadors, Guy Forget dans le rôle de la queue, et Richard dans celui des deux couilles (techniquement en corrida, il s’agit d’oreilles, mais en l’occurrence, il s’agit de Richard).

Pronostic : France 1-Espagne 4

Rugby : coupe du Monde – France/Canada

Pas d’enflammade en matière de rugby, on est encore loin du match à venir contre les blacks, ou le quart de finale a priori contre l’Angleterre. Il ne s’agit que du Canada, et jusqu’à preuve du contraire, on n’a rien à craindre des buveurs de sirop d’érable. Sauf que. Sauf que l’équipe de France est encore plus fébrile que l’Olympique de Marseille en ce moment. Sauf que l’entraineur du quinze de France est encore moins charismatique envers ses joueurs que ne l’était Raymond Domenech avec ses lunettes. On entend beaucoup gloser sur la faillite du projet de jeu des Bleus, que Marc Lièvremont n’a pas su inculquer une philosophie claire de jeu à ses joueurs. Mais tout ça, c’est des foutaises. Le seul problème des tricolores, c’est qu’ils n’ont pas de général en chef pour lequel se défoncer. Or c’est l’élément indispensable à toutes les équipes qui vont au bout dans une grande compétition : soit un grand entraineur que les joueurs adorent et/ou respectent (Guardiola, Mourinho, François Bayrou); soit un capitaine au grand cœur (Didier Deschamps, Woody de Toy Story, Neo); soit un joueur hors norme, au dessus du lot (Messi, Michael Jordan, Jean-Claude Gaudin). Aucun, parmi les 30 joueurs, ou parmi l’encadrement, n’est apte à revêtir l’un des ces casquettes. Donc les Français ne seront pas champions du monde. Mais on s’en fout, parce que la coupe du monde de rugby, c’est en Nouvelle-Zélande, donc les matchs sont très tôt le matin, donc ça n’empiète pas sur grand chose, et on leur accorde le bénéfice de nous offrir quelques actions d’éclats d’ici, de là.

Pronostic : France 29 – Canada 22

Le courrier des lecteurs, c’est vous qui décidez

Crédits : C’est pas sorcier

Comme par les temps qui courent, la mode est à la démocratie participative et l’appel à l’expression collective, Oh Mazette s’y met aussi et lance un grand appel à ses 17 lecteurs à travers le monde et le Poitou-Charentes.

Vous avez une analyse sur le jeu du FC Barcelone à mettre en avant ? Une bonne vanne sur Charles Kaboré à partager ? Un avis tranché sur la question des modes de scrutin de la FFF ? Une révélation à faire sur les prochains mondiaux de pétanque ?

Tous les sports sont concernés, tous les publics sont concernés. Même les Lyonnais.

Envoyez vos questions, vos commentaires ou n’importe quelle contribution exprimée en caractères d’imprimerie à la boîte aux lettres de Oh Mazette, faq@ohmazette.com. Nous sélectionnerons les meilleures missives et nous les publierons, en y apportant notre éclairage avisé, avec la régularité du mouflon.

A vos claviers.

Olympiakos 0 – 1 OM : une victoire sans clou, ni vis

Oh Mazette, to the rescue.

Amis supporters de l’OM, voguez en paix, Oh Mazette est de retour, et on s’occupe de tout. L’équipe marseillaise a sans conteste livré une prestation de piètre qualité hier, n’importe quelle équipe de ligue 1 nous aurait pourfendu et battu dans les 10 dernières minutes au vu du niveau de fébrilité affiché par le onze phocéen. Mais au final, nous avons empoché les 3 points, et ça, c’est le cadeau de bienvenue d’Oh Mazette à sa légion de fidèles lecteurs. Ça fait plaisir, on vous en prie.

Revenons au match. Pour commencer, rendons hommage au fameux génie tactique de Didier Deschamps, qui nous a quand même offert une composition d’équipe avec Jeremy Morel en ailier gauche, Ali Traoré en arrière gauche, autrement dit un piston à bâbord comme on en avait plus vu dans les côtes d’Armor depuis l’inauguration de l’Increvable, fierté des Chantiers Fourchaume.
Sur le papier, l’équipe transpirait la crainte de prendre une valise dans un stade à l’ambiance chauffée à blanc. Sur le terrain, la première mi-temps nous donna tort, tant l’équipe marseillaise parut plutôt à l’aise et dominant son sujet. Certes, on ne va pas raconter d’histoires à dormir debout, le jeu n’était pas celui du Milan AC des années 90. Cela restait poussif par moment, et ce n’est pas avec une majorité de joueurs doués d’une certaine pauvreté technique, ou dotés d’un moral au fond du seau, qu’on pouvait prétendre à remporter haut la main ce premier match. Toutefois, quelques éclairs par ci, par là, et au global, 45 premières minutes qui pouvaient laisser croire à la première victoire en match officiel depuis le trophée des champions.

La deuxième mi-temps fut scindée en 2 : une première partie qui commença par un but d’école que l’on doit au talent de centreur de Jérémy Morel (rendons grâce au natif du Morbihan, département où la mousson sévit 10 mois par an), et au sens tactique de Lucho – notons par la même occasion que nous avons mis ici en exergue la qualité majeure et unique de chacun des deux joueurs, mais nous y reviendrons. Première partie qui se prolongea sur un rythme similaire jusqu’à la 80e minute de jeu environ. On domina, poco o meno, et les grecs ne se montrèrent guère dangereux.

Puis, à l’entame des 10 dernières minutes du match, tout d’un coup, une chape de fébrilité s’abattit sur l’équipe vêtu de bleu, qui recula, se recroquevilla, trembla et fit n’importe quoi jusqu’au coup de sifflet final. On connait l’importance du mental en sport, on sait que c’est 50% de la performance (enfin y en a qui disent que c’est 43% seulement, d’autres qui disent 56%, mais on n’est pas là pour chipoter les taux comme dirait Ségolène, l’important, c’est de parader au balcon et de faire comme si on avait gagné). Et on put constater que le mental des Marseillais en ce moment, il est au fond du seau, bien tassé sous les gravas. Quelle déliquescence de jeu : disparu le pressing, envolé l’allant, bonjour le camping dans la surface en espérant que les adversaires ne sauraient cadrer leurs frappes. Fort heureusement, c’est exactement ce qui arriva, les joueurs de l’Olympiakos manquant par 3 fois d’ajuster le pauvre Mandanda, lui aussi bien pâle et peu rassuré.

Au final, les 3 points de la victoire, qui nous propulsent à la première place de ce groupe de ligue des champions. Car dans l’autre match, Dortmund et Arsenal n’ont pu se départager. Si l’on en croit le compte rendu de notre excellent confrère du Guardian, les futurs adversaires de l’OM ne vont pas être de la tarte aux figues, quand bien même avec Rod Fanni, on en tient une sacré couche.

Ce qui nous amène tout droit aux performances individuelles, et la remise des prix du maraîcher.

Les prix du maraicher :

Mandanda : prix de la blette. On va être franc avec vous, on ne sait pas à quoi ressemble une blette. En revanche, on a l’intuition que c’est pâle et insipide, un peu à l’image du portier marseillais qui est très loin d’avoir l’aura du meilleur gardien de France qu’il fut par le passé. On ne lui en veut pas, car on imagine bien que le manque de confiance peut aussi le gangréner. Mais ça nous chafouine car c’est le capitaine, et c’est lui qui devrait tirer l’équipe vers le haut.

Traoré : le prix de l’asperge. Hier soir encore, son héroïne le serrait si fort en disant « Djim »; elle était son calmant, son alcool profond; comme elle est partie, attention : Djimi tourne pas rond. A part ça, Djimi, grand comme une asperge, solide comme une roquette, lent comme une espadrille.

Azpilicueta : le prix de la botte de radis. Pour une fois, on n’a pas vu cent cinquante fois dans le même match Azpi faire le coup de la touche longue dans la surface arrière. Bien lui en a pris, parce qu’à chaque fois qu’il botte le ballon de la sorte, ça finit toujours en queue de radis. A part ça, Azpi, petit comme une espadrille, solide comme une asperge, lent comme une roquette.

Diawara : le prix de la citrouille. C’est officiel, on a perdu le joueur qui était encore; lors de l’année du titre, le défenseur central le plus solide de l’hexagone. Cette montagne infranchissable fait partie du passé, et c’est bien regrettable. Il demeure un joueur costaud, d’une fébrilité certaine, mais qui tient la baraque dans les duels. Par contre, au niveau du placement, c’est la foire fouille, et face à des joueurs adroits devant le but, ça prendra l’eau à tous les coups.

N’Koulou : le prix du potiron. Quelle est la différence entre une citrouille et un potiron ? Vous ne savez pas, et bien nous non plus.

Diarra : le prix de la figue. Alou, c’est un des mystères irrésolus du XXIe siècle. Comment le garçon a fait pour apparaitre aux yeux du grand public, et aux yeux des sélectionneurs les plus prestigieux de France, comme un élément indispensable et majeur d’une équipe de football ? On se souvient que c’est lui qui rentre en finale de la coupe du monde en 2006 pour remplacer Patrick Vieira, mais on se souvient aussi qu’à cette époque, on se demandait ce qu’il foutait là (qui peut citer un match marquant d’Alou Diarra lors de la saison 2005-2006 ?). On se rappelle qu’il était le capitaine de Laurent Blanc lors du titre des girondins de Bordeaux en 2009, mais on s’interroge sur l’impact réel qu’avait le joueur sur une équipe qui était plutôt portée par les Gourcuff, Chamack, Diawara, Trémoulinas & Co. Au delà de l’énigme, Alou est aujourd’hui cuit à l’étouffé, effectue un pressing à deux à l’heure, et perd 40% de ses ballons. Or il était censé être la sentinelle qui nous manquait tant devant notre défense, le maillon de l’entre-jeu indispensable à toute équipe ambitieuse. On est mal.

Cheyrou : le prix du tapioca. Il parait que cette fécule sert de liant en cuisine. Et bien l’ami Bruno, c’est tout pareil. Quand il est en forme et en pleine possession de ses moyens, c’est le rouage indispensable à un olympique de Marseille digne de ce nom. Hier soir, c’était le cas, et cela s’est ressenti sur le terrain. Pour preuve la panique et la désorganisation totale quand il est sorti. Même s’il fut remplacé par Charles Kaboré, que les plus grands clubs européens et de la péninsule du mozambique vont s’arracher à prix d’or au prochain mercato (d’après l’agent de Valbuena).

Lucho : le prix du jus de fruit multivitaminé. Oui, c’est vrai, Lucho est lent, et procure beaucoup de peine aux supporters quand il se lance dans une course endiablée pour récupérer le ballon et qu’il se fait rattraper puis dépasser un défenseur qui fait 50 kilos de plus que lui. Oui, c’est vrai, c’est embêtant de voir un leader sur le terrain gambader à deux à l’heure et ne pas faire de pressing, car de ce fait, il contamine le reste de son équipe, et nous gratifie d’une équipe marseillaise qui effectue le moins de pressing de tout l’univers. Oui tout cela est vrai. Mais Lucho a la science du jeu, et quand il s’en sert, il marque car il est malin et sait se placer dans la surface. Au final, Lucho, c’est pas top, mais c’est tout ce qu’on a, donc il faut le choyer.

Amalfitano : le prix de la girolle. L’année dernière, il a fini la saison deuxième meilleur passeur du championnat. On attendait beaucoup de Morgan. Mais en arrivant à Marseille, le joueur des Ardennes a découvert la pression et s’est retrouvé scotché au fond du banc sur décision de Deschamps qui sait exactement ce qu’il faut faire pour faire perdre toute confiance à un joueur. Résultat : un match moyen, sans relief, si ce n’est une bonne capacité à tenir le ballon, cela peut servir pour offrir de bons ralentis à la super caméra.

Rémy : le prix de la cerise. Rémy, c’est la cerise sur le soufflet marseillais. Quand le soufflet est vaillant et gonflé, c’est le petit truc en plus qui fait la différence. Quand le soufflet est raplapla, ça disparait et ça sert à rien. Hier, c’est exactement ce qui s’est passé. Il reste à espérer que sa confiance revienne vite avec quelques buts, car Loïc constitue un peu la seule garantie que nous ayons en attaque.

Les remplaçants (Kaboré, Fanni, Ayew) : le prix du concombre. Deschamps a failli avaler ses cheveux quand il a vu le grand n’importe quoi offert par ses remplaçants, en particulier Fanni et Ayew. Une expulsion stupidissime pour le premier cité, et des talonnades qui rendent le ballon à l’adversaire au moment où il faut le conserver pour le second. Si on avait pris un but dans les dernières minutes, Didier aurait eu une crise cardiaque, c’est sûr.

C’est tout pour cette fois ci. Prochain match, dimanche à Lyon. Une broutille. Rendez-vous lundi matin pour voir si l’aura de ces colonnes perdure.

C’est (re)parti !

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A la base, il était prévu de s’aligner sur le nombre magique de 866 jours.

866, comme l’écart qui sépara, en jours, le dernier match joué par his Airness, 6’6, from North Carolina, Michael Jordan (le 20 juin 1993 en finale contre les Suns de Phoenix), du premier match de saison régulière qu’il joua pour la saison 1995-1996 (les puristes ergoteront que Jordan avait rejoué au cours de la saison régulière précédente, en faisant son fameux come-back en mars contre les Pacers, mais les puristes se rappelleront aussi qu’à cette époque, il portait le numéro 45, et qu’avec ce faux numéro dans le dos, il ressemblait plus à un habitant du Loiret qu’au meilleur joueur de tous les temps)(d’ailleurs, c’est avec ce numéro qu’il perdit un match crucial contre Orlando en se faisant voler la balle par Nick « Brick » Anderson, le Mickaël Madar du basket américain)(et d’ailleurs bis, dans le Loiret, à propos de sport, comme ils disent dans Wikipédia, cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète).

866, donc, comme l’écart qui allait séparer le 14 octobre prochain de la date du dernier article publié sur OhMazette, feu la gazette de l’OM.

Car oui, vous ne rêvez pas, on était parti pour relancer le petit trublion de l’analyse footballistique et sportive, rigoureux comme un camion poubelle du pourtour méditerranéen, impartial comme une toupie.

Mais pourquoi s’accrocher à ce nombre symbolique de 866 nous direz-vous ? Pas tant qu’à Oh Mazette, on se prenne pour les MJ de la plume. Pas tant qu’à Oh Mazette, on aime se faire remarquer. Non juste parce qu’on aime bien raconter des histoires en prenant des références dans la culture populaire et sportive, qu’elles soient issues de la NBA, mais aussi des séries TV ou encore des paquets de gaufrettes Verkade.

On était donc parti pour attendre quelques semaines. Hélas, en raison de l’actualité sportive, nous avons précipité la charrue avant les bœufs de la défense centrale de l’Olympique de Marseille, et nous sommes revenus aux affaires plus vite que prévu.

La crise de la dette, les banques qui dévissent, tout ça, peu nous en chaut. Mais voir l’OM 17e du classement après 5 journées et rester les bras ballants, ce n’était pas possible. Comme par ailleurs, l’actualité sportive en général est touffue en ce moment, et comme la rédaction a décidé de s’ouvrir à tous les sports (pour diversifier le portefeuille des plaisirs et des joies), Oh Mazette reprend du service, pour le plus grand plaisir de ses lecteurs historiques (7 au dernier recensement) et celui de tous ceux qui aiment bien se détendre le matin sur des sujets légers et peu anxiogènes (enfin, faut voir car en terme d’anxiété, ce n’est pas gagné), en prenant leur petit café.

Rendez-vous donc demain pour un billet sur le match Olympiakos du Pirée – Olympique du Pire et du Meilleur. Et rendez-vous au fil de la saison pour des billets légers et entrainants, cracheurs de mots sans rémission sur des fonky sons.